Banlieusards et fiers de l’être. Nous habitons seulement à une centaine de mètres du panneau PARIS, mais pour certains de nos copains intra-muros, c’est déjà trop. Loin d’en avoir honte, on en profite : loyers moins chers (pour l’instant), un peu plus calme (c’est bien le problème aux yeux des potes), et bien desservi (parce qu’on est tout près, ce n’est malheureusement pas le cas pour tout le monde), on ne se prive pas de passer la frontière pour que notre fils s’imprègne des richesses de Paris.
Seulement voilà, rallier Paname n’est pas une mince affaire lorsqu’on se trimbale poussette (Bébé Diva n’affectionnant pas la promiscuité du porte-bébé), sac à langer, trottinette et enfant de 3 ans qui prend le métro pour Space Mountain.
Pour initier le petit Minion aux joies de Paris (ligne 13 comprise),nous avons choisi cette petite balade facile en poussette ou en petites jambes, et bourrée de spots classiques mais incontournables, si connus qu’on ne les regarde plus. Sauf si on prend le temps de retrouver ses yeux d’enfant.
Commencer par le jardin des Tuileries, côté Grande roue.
Rendez-vous sous la Grande Roue pour commencer l’après-midi. Même par un samedi d’hiver ensoleillé et un jardin noir de monde, vous pourrez toujours passer sans encombre au volant de la poussette, et le pilote de trottinette exprimera ses talents sans trop gêner, notamment dans les allées parallèles. La traversée des Tuileries permet de rallier le Louvre tout en profitant de l’architecture alentours et le calme relatif du parc.
(Re)Découvrir l’immensité du Louvre.
Une fois arrivé devant l’Arc de Triomphe du Carrousel, on s’amuse à passer dessous tout en racontant l’histoire de Napoléon Bonaparte, qui s’offrit le kiff de faire édifier ce monument en l’honneur de la Grande Armée. Sur les côtés de l’Arc, des bas-reliefs racontent les grandes victoires de l’Empereur. Et si, comme la mienne, votre progéniture s’en contre-fiche et ne considère ce spot que comme « un pont qui marque l’arrivée de la course de trottinette », il sera toujours temps de traverser la rue.
Pour tout savoir sur l’Arc de Triomphe du Carrousel : c’est ici.
Arrivés devant l’entrée du musée, c’est le moment de découvrir les pyramides, et ce qu’elles peuvent cacher. Faire le tour de la place pour profiter de l’espace et de l’architecture. Si, comme le mien, votre héritier la joue titi parisien blasé, rappelez-lui que sous ses pieds se tient l’un des plus grands musées du monde (subjective ? Chauvine ? Peut-être).
Au lieu de continuer tout droit pour rejoindre la Cour Carrée, pourquoi ne pas s’engouffrer par le Passage Richelieu, qui offrira un avant-goût de l’intérieur du Louvre et des richesses qu’il renferme ?

Car c’est là que la magie a opéré. Initialement voué à nous amener vers le Palais Royal, le Passage Richelieu et ses baies vitrées ouvertes sur le musée ont hypnotisé l’enfant dissipé qui a pu observer tranquillement, les touristes s’étant agglutinés aux fenêtres suivantes.
Une fois la salle étudiée dans les moindres détails et la promesse faite de visiter le Musée du Louvre bientôt, nous repartons dans la folie de la rue de Rivoli, pour rencontrer d’autres lieux emblématiques du quartier.
S’imprégner de la beauté du Palais-Royal.
Direction la cour du Palais-Royal pour jouer dans sur les archi-connues Colonnes de Buren, dont certains n’ont peut-être même plus conscience qu’il s’agit d’un des bijoux artistiques de Paris.
Les jeux de ligne, de hauteur et de profondeur qui permettent à tous de grimper, sauter, poser, tester son vertige, offre une aire de divertissement dont il est difficile de se lasser. Tous les publics se mélangent : jeunes artistes à la recherche d’inspiration, touristes, familles, amoureux, copines qui posent pour leur post Instagram…
Derrière les colonnes, le jardin du Palais-Royal vous attend pour la pause goûter sous les tilleuls savamment taillés. Là encore, de la place pour jouer et profiter. C’est aussi le moment de recharger les un peu les batteries (ou non), avant de se lancer dans l’épopée du retour à la maison. Les arcades recèlent de boutiques devant lesquelles il fait bon flâner, dont des adresses de jouets et figurines qui font saliver les petits et leurs grands accompagnateurs.
En quittant le Palais, on s’attarde devant le Kiosque des noctambules, sculpture de Jean-Michel Othoniel, installée en 2000 au-dessus de la station de métro. Mélange d’aluminium et de grosses perles en verre de Murano, l’oeuvre habille la place Colette d’une teinte gypsie. Avec un peu de chance, vous pourrez en profiter avec, en fond, les airs d’un concert de rue devant la Comédie Française.
Cette balade, aussi touristique soit-elle, permet d’initier les plus petits à une partie des grands classiques du quartier, et de s’attarder sur des détails qu’eux seuls remarquent.
Paris sera toujours Paris, mais jamais de la même façon.